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NPA 

A quoi sert le NPA ?

On propose de faire un pôle anticapitaliste par le bas. La gauche radicale, depuis plus de dix-sept ans, a cherché à se fédérer par en haut pour faire un cartel unitaire d’organisations existantes, comme l’hypothétique candidature unitaire à la présidentielle après le référendum de 2005. A chaque tentative, l’histoire des uns et des autres a parasité la dynamique de rassemblement. On a conscience de ne pas être le nouvel horizon politique indépassable et, pour nous, un outil politique n’est pas une fin en soi. On veut d’abord offrir une nouvelle représentation politique à ceux qui appartiennent à la nouvelle génération militante, qui n’avait pas de parti jusqu’à présent et qui en veut un.

Un programme :

Des dizaines de milliers d’emplois sont supprimés, chaque mois, et le nombre de chômeurs explose. L’interdiction des licenciements, sous peine d’expropriation des licencieurs, et la réduction du temps de travail avec embauches correspondantes jusqu’à résorption du chômage sont des mesures d’autodéfense. L’augmentation immédiate de 300 euros net et un minimum de 1 500 euros net pour tous les salariés, retraités ou privés d’emploi, l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, le paiement à 100 % des travailleurs touchés par le chômage partiel, ce n’est que la récupération de ce que les actionnaires nous ont volé pour spéculer. Face à leur crise, il ne faut pas moins, mais beaucoup plus de protection sociale, la retraite pleine à 60 ans et à 55 ans pour les métiers pénibles (37,5 annuités maximum dans le public comme dans le privé), les soins et les médicaments remboursés à 100 %. Les milliards offerts aux plus riches et aux patrons – paquet fiscal, suppression de la taxe professionnelle, cadeaux aux banques et aux entreprises – doivent être récupérés pour financer 1 million d’emplois, tout de suite, dans les services publics. La crise du capitalisme montre que nous devons prendre en main l’économie. Il faut nationaliser d’urgence les banques, sans indemnités ni rachat, pour construire un service public bancaire unique. Il faut sauver de la privatisation et de la destruction l’éducation, La Poste et les hôpitaux. Seuls des services publics de l’eau, du logement, des transports, de l’énergie, sous contrôle des salariés et de la population peuvent répondre aux urgences sociales et écologiques.

Une tactique :

Un bon programme ne suffit pas. Il faut aussi une tactique de lutte pour gagner. L’idée d’un « tous ensemble », d’une grève reconductible, est partagée par un grand nombre de salariés et de syndicalistes en désaccord avec leurs directions syndicales. Un tel mouvement ne se décrète pas, il se construit en unissant les efforts des salariés, des équipes militantes des structures syndicales, associatives, politiques, de tous ceux qui veulent agir ensemble et construire une véritable grève générale.  La convergence et la généralisation. Il faut se rencontrer, débattre et prendre des initiatives. [...]

«On assume une part d'utopie car la gauche ne nous fait plus rêver»

Pour donner une suite aux luttes, la colère et une certitude nous motivent. Colère face aux licenciements annoncés par Total, malgré ses 14 milliards de profits, ou par Continental, qui avait imposé de travailler plus « pour sauver l’emploi » ; colère face à la vie chère ; colère face à la santé ou à l’éducation bradées ; colère face aux expulsions de sans-papiers, à la répression, aux libertés menacées…Il est possible de gagner en s’en donnant les moyens, mais il faudra pour cela plus qu’une journée de grève tous les deux mois. Nous y mettons, à chaque fois, toutes nos forces, nous sommes déterminés et nombreux, mais si elles restent sans lendemain, les journées d’action, aussi réussies soient-elles, finissent par épuiser et démoraliser. Pour mobiliser massivement, il faut des revendications précises, chiffrées, sans ambiguïté, et ne pas se contenter de vagues promesses. Il faut des revendications pour répondre aux besoins des salariés du public et du privé, des précaires et des chômeurs, des jeunes et des retraités, pour combattre les divisions entre hommes et femmes, Français et étrangers, pour imposer le droit à la santé et à l’éducation, la protection de l’environnement… Alors que les actionnaires et les patrons, prétextant la crise, cherchent à aggraver nos conditions de vie, nous devons construire une plateforme pour refuser de payer la crise et pour empêcher ceux qui en sont responsables de nuire.

La politique n’est pas réservée à une minorité de spécialistes. Elle est l’affaire de toutes et tous.

 

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